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En hébreu, l'année se dit "chanah" et le mois "hodèch".
Chanah signifie année, répétition. La racine du mot année, chanah (CH N H
chin, noun, hé,) signifie : répéter, faire une seconde fois; mais aussi : changer,
modifier, transformer ou encore apprendre par cœur en répétant . La tradition juive a
déposé la Torah (de yaroh, « guider », « enseigner ») de Moïse (le Pentateuque, les 5
premiers livres des bibles chrétiennes) sur l'année pour la lire, la répéter, l'apprendre
et se laisser transformer par elle.
Au premier siècle, il existait plusieurs calendriers et plusieurs manières de
lire la Torah mais nous regarderons ici si les auteurs des Evangiles n'ont pas eux aussi
inscrit leur "Bonne Nouvelle" dans ce cycle annuel de répétition pour transformer le
monde. Nous pourrons voir aussi si cette "écriture" est en opposition avec la Torah de
Moïse ou en harmonie avec elle. La découpe par mois est en lien avec le sens du mot
hébreu "Hodèch" : nouvelle lune ou mois. Hadach veut dire : neuf, nouveau ou
renouveler, restaurer. Chaque mois nous vivons quelque chose de nouveau, chaque
mois à une particularité, une couleur, une tribu. Le calendrier a pu servir de support
mémoire aux anciens qui ne connaissaient pas l'imprimerie.
C'est par cinq chemins que nous aborderons cette étude. Ces cinq chemins
ont le même but : vérifier la cohérence d'un lien entre les textes et les différents
calendriers liturgiques.
1 : une présentation des Evangiles sur le calendrier de la tradition juive.
2 : les Evangiles : Matthieu, Marc, Jean, Luc et la Torah découpés en 12 ou 13 mois
et disposés sur le calendrier. Chaque mois vous trouverez sur une page le Plan, sur
une autre, le résumé du texte de l'Evangile avec le résumé des sections lues à la
synagogue; sur une troisième page, le texte
3 : une "synopse" qui mettra en parallèle le texte contenu chaque mois dans chacun
des livres.
4 : la base d'un travail réalisé pour un "Colloque" organisé par Roland Meynet.
5 : "Liturgie" permet de situer les Evangiles lues chaque jour dans la tradition
catholique romaine dans leur contexte (quel mois, le plan du mois, le texte du mois).
L'hypothèse de départ considère le septième mois comme l'axe commun de tous ces
textes et en particulier le premier jour du septième mois qui correspond à la
confession de foi de Simon / Pierre dans les 4 Annonces et a la fête de Rosh Hashana
(acclamation de Dieu comme Roi) dans la tradition juive.
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Le septième mois est le mois des fêtes d'automne dans la tradition juive, avec Rosh
hashanna (littéralement : tête de la répétition), Yom Kippour (Le Grand Pardon) et la fête
des Tentes (la tente étant le lieu d'habitation des hébreux dans le désert mais aussi le
premier lieu d'habitation de Dieu).
Exode 40,34 : La nuée enveloppa la tente de la Rencontre et la gloire de l’Eternel remplit
le tabernacle.. C'est pendant la fête des Tentes que Jésus va monter en cachette à
Jérusalem dans l'Evangile de Jean, c'est aussi à la fête des Tentes que Jésus monte sur la
montagne pour être transfiguré dans Matthieu, Marc et Luc.
5 Comme il parlait encore, voici qu’une nuée lumineuse les recouvrit.
Et voici que, de la nuée, une voix disait : « Celui–ci est mon Fils bien–aimé,
celui qu’il m’a plu de choisir. Ecoutez–le ! » (Matthieu 17,5).
Le septième mois est aussi le mois où, à la synagogue, on termine la lecture de
la Torah (le Pentateuque) et on commence la lecture de la Genèse. C'est le temps du
choix entre la vie et la mort, entre l'écoute du serpent ou l'écoute de la Parole du Père
créateur.
La seconde hypothèse de ce travail est que les textes des Evangiles sont répartis
de manière régulière sur le calendrier (pour faciliter la mémorisation et peut être aussi
pour faciliter l'écriture sur les codex). Ainsi suivant le calendrier utilisé par les auteurs, la
découpe se fera en 12 ou en 13 parties. Si on peut s'accorder sur le rapport entre la
transfiguration et le septième mois, il est intéressant de voir ce que chaque auteur a
prévu de lire quand la tradition juive fête La Pâque. Matthieu au chapitre 2 verset 15 dira
:
" D’Egypte, j’ai appelé mon fils.
18 Une voix dans Rama s’est fait entendre, des pleurs et une longue
plainte : c’est Rachel qui pleure ses enfants et ne veut pas être consolée, parce qu’ils
ne sont plus. 19 Après la mort d’Hérode, l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph,
en Egypte, 20 et lui dit : « Lève–toi, prends avec toi l’enfant et sa mère, et mets–toi en
route pour la terre d’Israël" .
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